Le Prix Carbet de la Caraïbe porté par l’Institut Tout-Monde décerné à Élie Stéphenson


26 octobre 2020

Le Prix Carbet de la Caraïbe porté par l’Institut Tout-Monde a été décerné à Élie Stéphenson pour l’ensemble de son œuvre. Un prix particulier cette année car il célèbre également le 30ème anniversaire de cette distinction littéraire. Le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde, est institué pour récompenser et promouvoir une œuvre de réflexion et de fiction illustrant l’unité-diversité de la Caraïbe, des Amériques et du Tout-Monde. Un prix prestigieux qui récompense chaque année les auteurs qui - par la diversité de leur œuvre littéraire - ont marqué une époque, les esprits. C’est le cas, sans conteste, de Elie Stéphenson. Sa production littéraire est ancrée dans la résistance et la restitution de la vérité. Toutes les vérités, sans compromis.

Le Prix Carbet, porté par l’Institut du Tout-Monde, récompense chaque année une œuvre de la Caraïbe ouverte aux imaginaires et aux identités multiples en résonance.

La créolisation du monde fonde la vocation du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde dont l’ambition consiste à :

- Contribuer à une meilleure compréhension des phénomènes et processus de créolisation,

- Favoriser la diffusion de l’extraordinaire diversité des imaginaires des humanités, qui s’expriment, se disent, se relayent et se relient, à travers la multiplicité des langues, la pluralité des expressions artistiques et des modes de vie nouveaux.

Fondé  à l'initiative de la revue Carbet et placé sous la direction d’Edouard Glissant, qui en a réuni le jury, et concrètement pris en charge par Serge Domi et l’Association Carbet de 1990 à 1993, puis de 1994 à 2006 par Gérard Delver et l'Association Tout-Monde de Guadeloupe, et à partir de 2007 par l'Institut du Tout-monde, le Prix Carbet fêtait en 2009 sa vingtième année d'existence, période pendant laquelle, par un travail de reconnaissance, de mise en relation et d'enseignement, les membres du jury de ce Prix ont contribué à l'ouverture de nos réalités les unes sur les autres et à la reconnaissance de nos littératures. Pendant vingt deux ans, le Prix Carbet de la Caraïbe a été présidé par Édouard Glissant, décédé en 2011. Lors de l'édition 2011 qui s’est déroulée en Guyane, les membres du jury, sous la présidence de la poétesse Nancy Morejon, ont confirmé et adopté définitivement une nouvelle appellation, fidèle au souhait d’Édouard Glissant : « Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde ». Ernest Pépin en est actuellement le président du jury. Le Prix Carbet est organisé tour à tour en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et en Île-de-France (et exceptionnellement l'édition 2014 s'est déroulée à Cuba).

Elie Stephenson est né en 1944 à Cayenne, il est l'un des plus grands poètes-dramaturges guyanais. Il a eu une formation d'économiste et travaille à l'Université des Antilles et de la Guyane où il préside entre autres le CAASSID (Centre d'Analyse Amérique Sud Spatiale Internationale des Dynamiques de Développement, un centre qui œuvre pour une immense zone économique en Amérique du Sud).
Nombreux sont ceux qui ont étudié son œuvre, une œuvre visionnaire, et combien lucide sur l’histoire de la diaspora.
Dans ses poèmes, ses pièces de théâtre, il s’interroge, interroge l'essence des peuples déportés d’Afrique, dans le but de réveiller les consciences. Ces populations déplacées, acculturées aujourd'hui, mais, la mémoire originelle, enfouie au plus profond des âmes, raconte au poête, des vies et des histoires.

Le dramaturge explore les thèmes qui lui sont chers : la résistance, l’assimilation, le courage, le vrai, d'aller à contre courant de la pensée unique. L’auteur insiste également sur la notion de liberté, soulignant que "la véritable liberté, c’est la disparition dans les esprits, des prisons mentales, ces chaînes invisibles, cette forme de corruption mentale qui rend la pensée ambivalente." Des thèmes récurrents, qui habitent son œuvre tourmentée, traversée par des fulgurances, dangereuses fenêtres sur la réalité du monde.
Stéphenson poète, dramaturge, essayiste, à la recherche de l’âme guyanaise, cette âme tourmentée que seuls sans doute, sentent les poètes habités.
Récompensé aujourd'hui par le Prix Carbet 2020 de la Caraïbe, une nouvelle page, portée par son oeuvre, s'est ouverte sur le Tout-Monde cher à Edouard Glissant.

Ses œuvres principales

-Une flèche pour le pays à l’encan. Préface de Serge Patient. Paris: Oswald, 1975.
-Poèmes négro-indiens aux enfants de Guyane. Cayenne: s.m., 1978.
-Catacombes de soleil. Préface de Bertène Juminer. Paris: Éditions Caribéennes, 1979.
-Terres mêlées. Le Mée-sur-Seine: Akpagnon, 1984.
-Comme des gouttes de sang. Paris: Présence Africaine, 1988.
-La conscience du feu. Cayenne: Ibis Rouge, 1996.
-Paysages négro-indiens. Kourou: Ibis Rouge, 1997.
-Hasta siempre, suivi de Ismée ou les oiseaux de lumière. Paris: New Legend, 2002.
-Ismée ou Les oiseaux de lumière. Ivry-sur-Seine: A3, 2006.
-Terres mêlées; Ismée ou Les oiseaux de lumière; Hasta siempre. Ivry-sur-Seine: A3, 2007; 2010.

Roman :
-Où se trouvent les orangers ? Paris: Nouvelles du Sud, 2000; 2010.

Théâtre :
-O Mayouri. (Édition bilingue; Trad. Marguerite Fauquenoy, pièce de 1975). Paris: l’Harmattan, 1988.
-La nouvelle légende de D’Chimbo, suivi de Massak (théâtre bilingue; présenté par J.-M. Ndagano.
Trad. Monique Blérald-Ndagano et Aude Thérèse). Cayenne: Ibis Rouge, 1996.
-Boni-Doro (pièce de 2005). Ivry-sur-Seine: A3, 2008; 2010.

Théâtre inédit :
-Un Rien de Pays. 1975.
-Delinters. 1976.
-Les Voyageurs. 1977.
-La Rout’A. 1978.
-Kan Ti Moun Ka Joué. 1978.
-La Terre. 1979.
-Félix Éboué. 1985.
-Mait’Elfege Toti Tro Malin. 1986.
-Placer, ou l’Opéra de l’or. Joué au Festival international des Francophonies à Limoges, 1990.
-Le Défi de Babouno (pièce pour enfants). 2000.

Contes :
-« Jean Sanfou et la princesse Beldjal », « Chipoulou », « Wasebo » et « La rivière empoisonnée ». Recueil de contes commandé par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), publiés pour l’année scolaire 2003-2004 et distribués aux écoles de Guyane pour une exploitation pédagogique de sensibilisation à la protection de l’Environnement.

Discographie :
Pour Léon G. Damas, avec le groupe Les Neg’ Marrons (dont Élie Stephenson). Guyane: Disque Orenoke, 1978.
UltraMarine / UltraMarina ; cinco poetas de Francia. Livre-CD, édition bilingue (français/espagnol). Traductions et musique: Pablo Urquiza. Paris: Abra Pampa, 2008.

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