Elisabeth Moreno, une patronne de la tech nommée ministre de l’égalité femmes-hommes


09 juillet 2020

Agée de 49 ans, cette femme d’affaires franco-capverdienne, directrice générale Afrique du groupe HP, a gravi les échelons dans le milieu des entreprises technologiques.

A priori, rien ne prédestinait Elisabeth Moreno à intégrer le gouvernement français. Mais c’est peu de dire que la femme d’affaires franco-capverdienne, âgée de 49 ans, n’est pas du genre à suivre un parcours en ligne droite. Directrice générale Afrique du groupe HP (Hewlett-Packard) depuis janvier 2019, cette patronne discrète de la tech devient ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, de la diversité et de l’égalité des chances.

Un nouveau chapitre pour cette fille d’immigrés qui s’est faite à la force du poignet. « Je cochais toutes les cases de l’impossibilité : des parents qui ne savent ni lire ni écrire, une femme, noire, élevée dans une cité », confiait-elle en 2019 au Figaro.

Née au Cap-Vert, archipel d’îles volcaniques situé au nord-ouest des côtes africaines, elle arrive à l’âge de 6 ans avec ses cinq frères et sœur en France, où sa famille s’installe dans l’Essonne. L’école, durant ces premières années, est un « refuge », racontera-t-elle plus tard. Titulaire d’un bac littéraire, elle étudie le droit mais s’oriente finalement vers l’entrepreneuriat en créant, avec son ex-mari, une société spécialisée dans la réhabilitation thermique.

Engagement

En 1998, elle bifurque à nouveau et rejoint le premier groupe de télécommunications français, France Télécom, devenu Orange, où elle pilote le département ventes PME-PMI. Elle ne cessera plus de gravir les échelons dans la sphère des entreprises technologiques. Elle est ainsi débauchée en 2002 par le groupe informatique américain Dell, où elle reste dix ans, avant d’intégrer le chinois Lenovo, numéro un mondial du PC.

En 2017, cette battante entrée comme commerciale y est promue PDG de la filiale française. Deux ans plus tard, son arrivée chez HP lui permet de renouer avec son continent d’origine. Installée à Johannesburg, en Afrique du Sud, elle professe sa foi en la technologie pour accompagner le développement du continent.

S’il ne s’agit pas d’un fil rouge dans son parcours, la promotion des femmes est l’un de ses engagements. Le 4 juillet, participant en visioconférence depuis Johannesburg aux rencontres économiques organisées par le Cercle des économistes, elle invitait les femmes à s’investir davantage dans son secteur, connu pour manquer de profils féminins.

« Si on laisse les technologies se construire uniquement avec des valeurs masculines, on aura des exemples malheureux (…) où les machines deviennent racistes, misogynes, exclusives », affirmait cette membre du Cercle InterElles, qui réunit les réseaux féminins d’entreprises de la technologie.

Source : Le Monde/AFP

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