Ruud Daddy

Ma rencontre avec la musique a été fortuite ; depuis enfant, j'ai toujours baigné dans la musique : à la maison, mes parents écoutaient beaucoup la radio, ce qui m'a permis de me familiariser avec les standards de la chanson françaises et internationales. J’ai envisagé de commencer à chanter et à écrire des chansons à l'âge de 15 ans grâce à mon cousin et coéquipier Staun qui lui aussi faisait ses premiers pas sur la scène musicale guyanaise. Autodidacte, c’est dans l’écoute que je me suis formé et que j’ai aiguisé mes premiers textes. Mon univers s’est créé au départ avec le hip hop. En effet en 1990, je découvrais le rap français et les textes revendicatifs (NTM, Assassin, IAM) de cette époque, je garde l’amour pour le noble art, le D, de Débrouillard et l’Amour du double H (hip-hop). Je pense que c’est à cette époque que je me suis construit car il fallait vraiment aimer la zik pour faire vivre ce nouveau courant musical en Guyane. Le mouvement hip hop et dancehall se construisait autour d’artiste qu’une seule chose rassemblait : l’amour du microphone. Membre de différents « crew » entre 1990 et 2003, j’étais indécis quant à ma préférence entre le rap et le reggae, ce n’est que lors de mon intégration au sound system orléanais « Smile Jamaica » que j’ai compris que le reggae dancehall était la musique qui soulagerait ma plume et apaiserait mon esprit. Je continue malgré tout quand l’envie se fait trop pesante de lâcher un 16 ou un 18 (lol). J’ai des coups de cœur pour un certains nombres d'artistes d'univers variés. Autant je me plais à écouter du Marley, du Steel Pulse, du LKJ, autant ça ne me pose aucun problème d'écouter des artistes francophones comme Brahim, Taïro ou Mr Toma pour ne citer qu'eux. J’ai la chance d'être de la génération des gens qui ont vu l'émergence du rap et du ragamuffin donc cela m'aide beaucoup dans mon travail de composition ; j'essaye, autant que je peux, d'être dans la lignée de ces artistes qui utilisent leurs textes comme élixir pour la population. A mon actif, un certain nombre, même, un nombre certain de scènes : au début, les podiums avec des faces b, aujourd’hui, j’officie en live avec des musiciens à mon écoute et partageant avec moi cette amour du texte vrai et de la parole juste. C’est sans prétention aucune que je partage avec vous ces quelques brides de mon passé juste pour rappeler à ce qui ont oublié et enseigner à ce qui ne savait pas que rien n’est le fait du hasard et que nous avons tous une mission qu’on se doit de réaliser avec sérieux et acharnement.

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