Tensions à l’Université de Guyane

25 mars 2019

Tensions à l’Université de Guyane

Jusqu’à hier, la grève des étudiants de l’Université de Guyane s’était déroulée sans heurts. Mais aujourd’hui la tension est montée d’un cran lors de l’Assemblée Générale. Depuis le 20 mars, des étudiants soutenus par des membres du corps enseignant ont organisé le blocage de plusieurs bâtiments de l’Université de Guyane à Cayenne. Dans un communiqué diffusé le 24 mars, l’intersyndicale étudiante rappelle ses principales revendications : l’abandon de la hausse des frais d’inscription pour les étudiants hors-UE (revendication partagée avec plusieurs mouvements universitaire de métropole), la fin des contrôles de la Police de l’Air et des Frontières (PAF) sur le campus, la possibilité pour les étudiants étrangers de circuler librement en Guyane avec leur carte étudiante et la libération des étudiants étrangers aujourd’hui placés au Centre de Rétention Administratif (CRA). La direction de l’Université a également diffusé un communiqué lundi 25 mars. Dans ce document, l’Université rappelle son opposition à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers ainsi que la hausse du budget alloué à destination des étudiants précaires. Toutefois, estimant que les autres revendications ne sont pas de sa compétence, l’Université souhaite la fin des blocages et le retour à une activité normale. Ces blocages ont donné lieu à une série de rencontres avec les responsables politiques et administratifs locaux. Le dernier en date est le discours de M. Serville, député de Guyane ce lundi lors de l’Assemblée Général. C’est au moment de ce discours que la tension s’est accrue sur le campus. D’après nos premières informations, un groupe extérieur à l’Université a tenté de déstabiliser l’Assemblée Générale, avant de sortir au moment du discours de M. Serville. Ils se sont rendus dans un des bâtiments bloqué, ont rompu les chaînes fermant les portes et ont occupé le bâtiment. L’Assemblée Générale a dû être suspendu et la foule a empêché la poursuite du déblocage. Des propos racistes et xénophobes ainsi que la présence de membre du Conseil d’Administration et de professeur dans le groupe anti-blocage nous a été rapporté. Tout cela s’est calmé après l’arrivée des forces de l’ordre, les deux groupes campant sur leurs positions. Les forces de l'ordre ont depuis quitté le campus. De nouvelles négociations sont annoncées pour trouver une issue à la grève et faire retomber la pression sur le campus.

Rai Benno

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