Nouveau suicide au collège de Maripasoula

10 mai 2019
Nouveau suicide au collège de Maripasoula apprend t-on hier dans un communiqué de Sudeducguyane
  
Le 8 mai 2019, le collège de Maripasoula a été à nouveau endeuillé par un suicide. C'est le quatrième qui touche notre établissement pour cette année scolaire (deux élèves et deux membres du personnels, cette année deux élèves sont également décédés dans des accidents) mais d'autres ont été signalés sur la commune.
Le suicide chez les populations amérindiennes est un problème connu, puisque de nombreux livres et articles ont été déjà publiés sur le sujet, notamment un rapport parlementaire très complet en 2015. 
Certaines mesures ont depuis été prises : cette année, un psychologue est enfin arrivé au collège (sa présence est encore temporaire, nous espérons qu'elle deviendra pérenne), et les effectifs du CMP – CMPI ont été renforcés.
Ces mesures sont essentielles à titre d'intervention post-suicide, mais ils ne permettent pas de traiter le problème de fond, à savoir le mal-être amérindien. Pour cela, un véritable plan d'action impliquant l'ensemble des acteurs publics ainsi que les populations nous semble nécessaire. 
Quelques pistes parmi d'autres :
- Permettre un meilleur respect des cultures et des langues des populations (recrutement d'Intervenants en Langue Maternelle, adaptation des enseignements à l'histoire et à la culture amérindienne, respect des croyances traditionnelles, etc.).
- Offrir aux populations de l'intérieur une réelle possibilité d'intégration dans l'emploi (en facilitant les démarches associatives, en aidant plus largement au développement agricole et touristique, etc.).
- Mener une politique plus active de lutte contre l'orpaillage, qui empoisonne le fleuve et perturbe gravement la vie de ceux qui en dépendent, et qui livre une partie du territoire aux mafias, avec toutes les nuisances qui peuvent en résulter.
- Impulser une politique large de sensibilisation et de lutte contre l'alcoolisme, les addictions aux drogues, et les violences sexuelles, autant de problèmes récurrents qui ne font qu'aggraver le malaise amérindien.
Il est surtout nécessaire de donner aux Amérindiens de Guyane les outils pour qu'ils puissent prendre en main leur destin et leur avenir.  
Bien d'autres propositions ont été faites par le passé, trop souvent sans être suivies d'effet, mais nous considérons que face à ces vagues de suicide, l’État ne peut plus rester spectateur.
Une marche blanche est prévue à Maripasoula le samedi 11 mai à 8h00, au départ du collège.

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