Un colloque pour en savoir davantage sur le carnaval guyanais

25 janvier 2017

Ce jeudi et vendredi, le campus universitaire de Troubiran, à Cayenne, accueille un colloque sur le bal paré-masqué. Le deuxième jour, une rencontre avec divers acteurs du carnaval guyanais aura lieu dans l'après-midi. Monique Blérald, professeur de langue et culture régionales à l'université de Guyane, et Mylène Danglade, professeur de littérature, présentent l'événement.

Pourquoi organiser un colloque sur le carnaval ?
Monique Blérald : Le but de tout ça est l'inscription d'abord à l'inventaire français du patrimoine puis sur la liste du patrimoine de l'humanité, à l'Unesco.
Mylène Danglade : C'est l'occasion de passer en revue, que ce soit au niveau littéraire, musicologique, anthropologique... les dimensions du carnaval, de manière à dresser l'historique du carnaval, ses évolutions et voir les dimensions qu'il revêt dans divers pays.
Le carnaval est-il un sujet assez sérieux pour en faire un colloque ?
MD : Il y a un aspect scientifique. Ce n'est pas juste appréhender les bals parés-masqués. Il sera question d'économie, de pharmacopée. Même si le carnaval est un sujet d'amusement, il appartient à la culture de nombreux pays. On va en étudier toutes les ramifications dans la société.
Vous dressez une disctinction entre le touloulou de rue et celui des bals parés-masqués. Pourquoi ?
MB : Autrefois, le touloulou était l'unique personnage, de rue comme de nuit. Le touloulou, c'est la personne masquée et déguisée, c'est l'anonymat. Aujourd'hui, nous faisons la différence car, dans la rue, il n'y a plus que des personnes déguisées, il n'y a plus de personnes masquées. On ne peut pas dire que ce sont des touloulou. On trouve des personnages déguisés et masqués partout. En Guyane, c'est spécifique, car il y a ce rite de l'anonymat avant, pendant et après. Pendant, il y a tout le jeu carnavalesque du touloulou, qui taquine ses cavaliers, qui se trémousse, qui ricane...
A qui s'adresse ce colloque ?
MD : Ce colloque s'adresse à tout le monde. C'est l'occasion de ne pas s'arrêter aux mots mais d'éveiller la curiosité.
MB : On fera de la vulgarisation. Cela s'adresse à tout le monde. On va revenir sur l'origine du bal paré-masqué, sur le débat Martinique-Guyane...
Colloque, le programme
Le colloque sur le carnaval, à l'amphithéâtre A de l'université se déroulera de 9h à 17 h, et sera animé par Christian Cécile, Monique Blérald et Linda Amiri. À 9h, mots d'accueil de Richard Laganier et de Monique Blérald ; 9h30, le carnaval à l'épreuve des taxinomies par Nathalie Gauthard ; 9h30, regards juridique sur le patrimoine carnavalesque, par Frédéric Bondil ; 10h10, un patrimoine menacé : la sarabande des mascare, par Muriel Poli ; 11h, le bal paré-masqué, par Aline Belfort ; 11h20, esclavage et liberté dans le carnaval, par Denis Lamaison ; 11h40, la tradition du randé boutché, par Marie-Françoise Pindard ; midi, les masques sonores dans le carnaval guyanais, par Apolinnaire Anakesa ; 14h30, représentation sociale et bal dans le carnaval de Rennes à la fin du XIXe siècle, par Blodwenn Mauffret ; 14h50, de la Nouvelle France, par Debra Miller ; 16h, projection cinématographique.
Sept mille signatures pour l'Unesco
 
Fin septembre, Monique Blérald s'inquiétait pour l'inscription du touloulou au patrimoine de l'Unesco. En cause : le manque d'implication des pouvoirs publics en Guyane, alors que 7 000 personnes ont signé la pétition en faveur du projet de l'Observatoire régional du carnaval de Guyane. Depuis, « des maires se sont rapprochés de nous pour nous apporter leurs services, comme Macouria et Cayenne. Ils nous prêtent des locaux pour nos réunions, se réjouit Monique Blérald, présidente de l'ORCG. La CTG nous prêtent l'Encre. Mais il faut qu'ils s'engagent encore plus. Pour l'inscription à l'inventaire français, nous avons besoin des actes délibératifs des mairies apportant leur soutien à notre inscription. Il nous faut une lettre d'engagement de l'Association des maires, des lettres des sénateurs. Si nous ne répondons pas maintenant, il faudra attendre 2020. »
 
Les étudiants exposent
Jusqu'au 27 février, l'Encre, à Cayenne, accueille une exposition sur le touloulou du bal paré-masqué. Il a été réalisé par les étudiants en troisième année de licence de lettre et en première année de master Société et interculturalité. Les étudiants ont travaillé sur l'évolution des costumes avec des créateurs comme Auguste Horth, sur l'origine du touloulou, sur l'histoire des dancings ou la pratique du carnaval dans l'Ouest. Il sera aussi questions des sujets abordés lors du colloque comme la pharmacopée autour du carnaval, la littérature et la gastronomie. Les visiteurs découvriront des panneaux explicatifs, des photos des vidéos et des sons regroupés autour de ce sujet.
 
Vernissage de l'exposition, demain à 18h30 à la salle d'exposition de l'Encre.

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