Rentrée universitaire: Vidal a l'argent mais pas la solution

28 septembre 2017

Avec une hausse de son budget de 700 millions d'euros, la ministre de l'Enseignement supérieur est "satisfaite". Mais la grande réforme de l'entrée en licence reste à faire. La mise en demeure de la CNIL ce matin a remis un coup de pression sur la grande concertation qui rendra son rapport à la ministre le 19 octobre.

Pour sa première conférence de presse, ce matin, sur la rentrée universitaire, Frédérique Vidal affichait une satisfaction mesurée. L'explosion en vol de la plateforme d'Admission Post-Bac cet été n'est pas encore digérée. Il reste encore quelques milliers de bacheliers sur le carreau - sur 70 000 déclarés " sans affectation " en juin. Et le tirage au sort des heureux élus dans les filières en surchauffe (droit, psycho, médecine et sport, STAPS) est resté en travers de toutes les gorges. Alors, certes, l'enveloppe du " Grand plan d'investissement " de 450 millions dédiée à la seule réforme du premier cycle est une bonne nouvelle. Et l'augmentation de 700 millions d'euros du budget de l'Enseignement supérieur par rapport au budget initial de l'an dernier, un sujet de contentement évident. " Je ne peux être que satisfaite ", a-t-elle lâché. Frédérique Vidal est une des rares ministres du gouvernement d'Edouard Philippe à sortir des négociations budgétaires, victorieuse. Mais elle le reconnait : " Aux yeux des Présidents d'université, ce n'est jamais assez. "

Explosion démographique

L'ancienne Présidente de l'université de Nîmes sait de quoi elle parle : " Moi aussi, les années passées, j'ai dû accueillir des étudiants toujours plus nombreux. Faire preuve d'imagination pour y arriver. Et moi aussi j'ai alerté les pouvoirs publics, sans que personne ne se rende vraiment compte qu'on allait dans le mur. " Il a donc fallu rentrer dans le mur pour que, finalement, l'ampleur des dégâts soit mesurée. Les 100 millions d'euros supplémentaires obtenus l'an dernier par son prédécesseur, Thierry Mandon, pour accompagner l'explosion démographique attendue (un surplus de 38 100 étudiants) n'ont pas du tout suffit. Mais sur les 700 millions d'euros de plus que Frédérique Vidal a obtenus, 175 millions seulement iront directement aux facultés. Et encore, 113 millions doivent d'ores et déjà couvrir la hausse naturelle de leurs charges salariales… L'augmentation du budget ne sera donc pas suffisante pour absorber le pic de l'an prochain.

Tirage au sort illégal

C'est une réponse d'urgence. En attendant la grande réforme, promise pour la rentrée 2018. Les onze groupes de travail mis en place cet été, pour trouver une solution, remettront à la ministre leur rapport de synthèse le 19 octobre. Et elle présentera les nouvelles modalités d'accès à l'université au début du mois de novembre. De toute façon, Frédérique Vidal ne peut pas reculer : la CNIL, saisie par l'association Droit des lycéens, l'a mise en demeure ce matin même de " cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d'un algorithme et de faire preuve de plus de transparence dans son utilisation ". La ministre l'a bien compris : " Le tirage au sort n'est pas seulement regrettable, il est désormais contraire à la loi. " Et de prévenir les participants à la grande concertation : " Nous ne serons pas d'accord sur tout, mais nous devons prendre nos responsabilités, puisque nous condamnons tous le tirage au sort. " A bon entendeur.

Source : Challenges

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter cet article