Mais au fait, à quoi sert le Sénat ?

24 septembre 2017

L'institution, dont la moitié des sièges va être renouvelée ce dimanche, reçoit régulièrement des critiques sur son manque d'utilité et son coût important.

C'est la toute dernière étape de cette longue année électorale. Les 162.000 «grands électeurs», ces élus locaux à 95% issus des conseils municipaux, sont invités à voter aujourd'hui lors des élections sénatoriales. L'enjeu? Renouveler la moitié des sièges du Palais du Luxembourg (170 sur 348). Une institution régulièrement critiquée et qui peine à intéresser les Français.

 

Nombreux s'interrogent notamment sur sa réelle utilité. Son rôle constiste principalement aujourd'hui à revoir les projets de loi débattus et votés à l'Assemblée nationale. Les Sages peuvent retoucher les textes en y déposant des amendements. Seulement, le dernier mot pour adopter une loi revient toujours... à l'Assemblée nationale.

Le gouvernement pas inquiété par un Sénat à droite

Un manque d'utilité supposé qui pourrait bien être mis en lumière lors du mandat d'Emmanuel Macron. Faute d'ancrage territorial dû à son jeune âge, la République en marche ne dispose donc pas d'un socle très important de «grands électeurs». Cela à l'inverse des Républicains qui, après leurs succès aux municipales de 2014 et aux départementales de 2015, peuvent compter sur un sérieux nombre d'élus locaux. Un avantage qui leur permettra donc, normalement, de conserver leur majorité au Palais du Luxembourg à l'issue du scrutin dimanche soir.

Pour autant, cela ne devrait pas considérablement freiner l'action du gouvernement. Même si une majorité de droite au Sénat se décide à déposer des amendements sur un projet de loi ou de le retoquer, Emmanuel Macron pourra, s'il le souhaite, compter sur sa large majorité composée de plus de 300 députés à l'Assemblée nationale pour revenir dessus. Et donc rétablir le texte initial.

Un coût jugé trop important

En plus des critiques sur son utilité, le Sénat est également souvent pointé du doigt pour son coût important. En 2017, son budget s'élevait en effet à plus de 350 millions d'euros. À titre de comparaison, celui de l'Assemblée nationale - première chambre parlementaire - était estimé à plus de 530 millions d'euros pour 2017.

Face à ces nombreuses critiques, plusieurs candidats à l'élection présidentielle avaient proposé lors de la campagne de réformer l'institution. Une des idées évoquée et partagée par un grand nombre d'entre eux consistait notamment à diminuer le nombre de sénateurs. D'autres, plus radicaux, étaient même favorables à la suppression pure et simple du Sénat, à l'image de Jean-Luc Mélenchon ou de Philippe Poutou. «Je suis pour la suppression du Sénat, assemblée de notables échappant au suffrage universel et élu par les notables», dénonçait le candidat du NIA à Libération pendant la campagne.

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter cet article