l'échographe contre le trafic de drogue toujours pas utilisé à l'aéroport Félix Eboué

01 septembre 2018

Promis dans le cadre des accords de Guyane qui ont mis fin au mouvement social de mars-avril 2017, l'échographe installé à l'aéroport de Cayenne pour lutter contre le trafic de drogue n'est toujours pas utilisé, faute de personnel médical. Dix mois après son inauguration par Annick Girardin la ministre des Outre-mer, l'appareil est toujours à l'arrêt, ont confirmé aujourd'hui à l'AFP le procureur de la République et le directeur régional des douanes.

L'appareil nécessite la présence d'un radiologue, dans ce territoire qualifié de désert médical. Il devait permettre de détecter plus facilement les "mules", ces passeurs qui cachent dans leur corps des capsules de cocaïne, un phénomène dont l'ampleur ne cesse d'augmenter en Guyane.

Selon les chiffres du parquet, 513 "mules" ont été interpellées en Guyane, entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018, un record sur un an. "Les enquêteurs estiment que 6 à 8 mules prennent l'avion sur chacun des 10 vols hebdomadaires entre Cayenne et Orly. Cela fait donc entre 3120 et 4160 mules par an", avait indiqué début 2018, le procureur de Cayenne Eric Vaillant.

"Nous ne pouvons gérer que 2 à 3 mules grand maximum par jour pour une question de moyens tant en douane qu'en hospitalisation et en police. Lorsque notre équipe est mobilisée par une mule, des observateurs en font passer d'autres", avait précisé fin décembre un douanier au site local Guyaweb.

Annick Girardin doit, lors de sa visite prévue jusqu'à mardi, faire un bilan des accords de Guyane. Nicole Belloubet évoquera la construction d'un tribunal de grande instance et d'un établissement pénitentiaire à Saint-Laurent-du-Maroni, et celle d'une cité judiciaire à Cayenne, prévus dans les accords.

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