Il transportait 500 grammes de cocaïne in corpore entre la Guyane et Clermont-Ferrand : un an et demi de prison

03 juin 2018
Pour la quatrième fois depuis fin mars, une « mule » venue de Guyane s’est assise dans le box du tribunal de Clermont-Ferrand, ce vendredi. Le trentenaire a subi le même sort que ses prédécesseurs : il a été condamné et écroué.

Alomé A. avait été repéré et contrôlé par les douaniers, lundi 28 mai, à sa descente du train reliant Paris à la capitale auvergnate. Un scanner passé dans la foulée au CHU avait révélé la présence dans son corps d’une quarantaine d’ovules de cocaïne, pour un poids total de 530 grammes.

Face aux magistrats de Clermont-Ferrand, le prévenu se contente de quelques mots à peine audibles. Il explique avoir accepté ce transport à très hauts risques « pour rembourser une dette de 5.000 euros » liée à l’achat d’une « machine servant à chercher de l’or ».

Casier judiciaire vierge

La drogue, dit-il encore de sa voix caverneuse, lui aurait été fournie la veille de son décollage pour Orly, dans un hôtel de Cayenne. À Clermont-Ferrand, terminus de son périple et destination finale de la marchandise, il devait enfin être pris en charge par un mystérieux « ami surinamais ».

« C’était la première fois que je faisais ça », assure ce père de trois enfants, sans emploi, au casier judiciaire jusque-là vierge. Les investigations menées pendant sa garde à vue laissent pourtant supposer le contraire : Alomé A. a effectué douze allers-retours entre la Guyane et Paris depuis novembre 2016.

Des voyages « pour voir de la famille en métropole », élude-t-il, pas plus disert sur la façon dont il aurait pu financer autant de billets d’avion avec ses maigres moyens. « Dans ces trafics, on le sait bien, ce sont les commanditaires qui paient les trajets », recadre le procureur.

Valeur estimée : 45.000 euros

Petit maillon d’une chaîne bien plus vaste, qui génère des sommes colossales – la valeur de la drogue saisie lundi est estimée à 45.000 euros – le trentenaire n’en reste pas moins un « acteur de la route de la cocaïne », insiste le représentant des douanes.

« Il est loin d’être celui qui profite le plus de ces bénéfices astronomiques, rétorque Me Dompierre en défense. Le fait qu’il ait accepté de mettre sa vie en danger pour transporter ces ovules donne une idée de la misère qui est la sienne ».

Le tribunal reste en deçà des réquisitions du parquet. Déjà incarcéré depuis jeudi, veille de son procès, Alomé A. est condamné à dix-huit mois de prison ferme avec maintien en détention. Il devra aussi s’acquitter d’une amende douanière de 25.000 euros. 

Source : La Montagne

Stéphane Barnoin

(*) Deux hommes ont été jugés le 23 mars, et un troisième le 7 mai

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