Essais nucléaires en Polynésie : plainte contre la France pour crimes contre l’humanité

10 octobre 2018

Les indépendantistes polynésiens font valoir que les essais nucléaires menés pendant 30 ans sont à l’origine de très nombreux décès.

De 1966 à 1996, les atolls polynésiens de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français. Ils ont eu des effets sur la santé des populations et sur l’environnement, ce qui vaut aujourd’hui à la France d’être mise en accusation. Le 2 octobre, une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

« Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire », a expliqué l’indépendantiste Oscar Temaru, ex-président de la Polynésie, qui a annoncé ces poursuites lors d’une réunion à l’ONU. Déjà en 2016, une première plainte pour crime contre l’humanité avait été déposée par l’église protestante polynésienne.

En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation pour les victimes dans cet archipel français du Pacifique qui compte 270 000 habitants. Mais le compte n’y est pas pour les associations de vétérans touchés par des maladies induites.

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/LP Infographie

Selon Oscar Temaru, « cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays. »

« Les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation, poursuit l’indépendantiste polynésien. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions. »

Le dirigeant indépendantiste précise qu’un « dialogue responsable » avait été recherché depuis 2013 avec « la puissance administrative » sous la supervision des Nations unies mais que la France les avait ignorés.

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