En Guyane, le Français HDF Energy plus fort que Tesla en Australie

30 mai 2018

Hydrogène de France (HDF Energy) a annoncé le 28 mai un projet de centrale solaire couplée à une unité de stockage à l’hydrogène d’une capacité plus importante que la batterie géante de Tesla en Australie. Elle sera installée en Guyane, à Mana près de Saint Laurent du Maroni.

Avec sa future Centrale électrique de l’Ouest guyanais (CEOG), prévue pour 2020, HDF Energy sort le stockage hydrogène de la R&D pour l'industrialiser. Accompagné par des investisseurs privés, le groupe français veut investir 90 millions d’euros dans une centrale solaire d'une capacité de 55 MW en pointe, dont l’intermittence sera presque effacée par une unité de stockage de 140 MWh, plus que la batterie géante construite par Tesla en Australie (129 MWh) suite à un pari d’Elon Musk pris sur Twitter.

Cette unité de stockage fonctionnera à base d’hydrogène mais sera "couplée à un étage de batteries lithium-ion  pour augmenter la disponibilité de l’énergie", précise Sylvain Charrier, directeur du développement Outre-mer d’HDF. Ce projet est développé sur un procédé Renewstable de HDF Energy. Consommant de l’eau et du soleil, la centrale ne rejettera que de l’oxygène et de la vapeur d’eau.

10 000 foyers alimentés dans l'Ouest

Raccordée au réseau via la station EDF au diesel de Saint-Laurent du Maroni (dont l’utilisation devrait être réduite), la centrale pourra alimenter l’équivalent de 10 000 foyers en énergie verte à raison de 10 MW en journée (pic de consommation de la fin de journée compris) et 3 MW la nuit, en heures creuses. Ce, à un coût proche du coût moyen de production d’électricité en Guyane, fortement abaissé par la présence de barrages hydroélectriques (48% du mix électrique actuel). Mais bien en-deçà du coût de production dans l’ouest du territoire, une région en déficit électrique chronique dépourvue d’infrastructures énergétiques de grande ampleur. C’est aussi dans cette région qu’est actuellement étudié le projet de mine aurifère de Montagne d’Or, pour lequel il est envisagé d’installer une centrale biomasse à Saint-Laurent du Maroni en cas d’arbitrage positif.

Le projet CEOG "démontre que la Guyane peut tendre vers l’autonomie énergétique, qui est réellement atteignable avec l’implantation de centrales de ce type. Il prouve également que la transition énergétique peut être vectrice d’emplois pérennes dans le cadre d’une activité économique saine. Nous serons ravis d’accueillir cette première mondiale qui confèrera également une visibilité internationale à la Guyane", a réagi le président de la Collectivité territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre. Le démarrage du chantier est prévu à l’été 2019 et la mise en service à l’automne 2020. La centrale créera une centaine d’emplois pendant sa construction et une trentaine d’emplois permanents sur les 20 ans d’exploitation prévus.

Transition énergétique en cours

Aujourd’hui, la capacité du parc électrique guyanais est de 286 MW pour une production moyenne de 910 GWh. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) actuelle prévoit pour 2023 une production de 1375 GWh, répartie entre 1075 GWh d’énergies renouvelables et 300 GWh de thermique (fuel), qui représente aujourd'hui près de 45% du mix énergétique guyanais. Avec 10 MW en en heures de pointe (50 GWh par an) d’énergie verte, la CEOG réalise seule la moitié de l’objectif assigné à l’ouest guyanais de développer 20MW. Objectif qui devrait être revu à la hausse (à 40 ou 45 MW) pour intégrer les nouveaux besoins, notamment ceux de Montagne d'Or (20 MW en continu). Et HDF ne compte pas s’arrêter là : "nous avons d’autres projets en Guyane", confirme Sylvain Charrier. D'autres projets sont portés par des concurrents de HDF pour des unités additionnelles de production dans la région.

"Ce projet ne répond pas à nos besoins, mais il y en a d'autres en cours. Cela démontre comment des projets industriels comme le nôtre créent des emplois induits. L'ouverture d'un corridor avec une ligne à haute tension et une route élargie financée par Montagne d'Or entre Saint Laurent du Maroni et le site va créer des opportunités de développement économique qui créeront des besoins énergétiques", relève Pierre Paris, président de la Compagnie Montagne d'Or.

Créé en décembre 2012 par Immosun Solutions, bureau d’études spécialisé dans les énergies renouvelables, HDF Energy construit son usine de piles à combustible près de Bordeaux. Elle devrait êre opérationnelle en 2019.

Source : L'usine nouvelle

Commentaires(1)

Connectez-vous pour commenter cet article
Keepwell, il y a 3 mois
Comment peut-on se prétendre "radio du savoir" et publier un article qui en soit aussi dénué ? On serait en droit d'attendre, de la part d'universitaires, un minimum de sens critique et un tant soit peu de réflexion sur les informations qu'ils partagent, certainement pas qu'ils relayent ainsi,sans commentaire ni filtre, la propagande des entreprises privées et les mensonges du président de région. "Consommant de l’eau et du soleil, la centrale ne rejettera que de l’oxygène et de la vapeur d’eau." Voici donc brossé le tableau idyllique d'un modèle de centrale électrique on ne peut plus propre ! Mais de qui se moque-t-on, sérieusement !? Cette centrale pour être opérationnelle, va d'abord couper plus de 150 hectares de forêt pour poser des panneaux photovoltaïques, dont , rappelons-le, la fabrication génère un bilan carbone nul ou négatif bien peu intéressant au niveau écologique. Et le Lithium des batteries de stockage, ils comptent le puiser aussi dans l'eau et le soleil ? Et le platine de la pile à combustible ne nécessite-t-il pas, pour son extraction, de mines particulièrement polluantes en Amérique du sud ou en Chine ? Cette soi-disant énergie verte, cette soi-disant transition énergétique est une véritable mystification (https://reporterre.net/La-croissance-verte-est-une-mystification-absolue). Et dire comme le prétend Rodolphe Alexandre "que la Guyane peut tendre vers l’autonomie énergétique, qui est réellement atteignable avec l’implantation de centrales de ce type. " n'est rien d'autre que du pur mensonge. Non il n'est pas possible d'atteindre l'autonomie énergétique avec ce genre de projets car ils sont totalement dépendants de l'extraction de ressources rares et en voie d'épuisement dont on ne dispose même pas en Guyane et qu'ils ne sont par conséquent pas durable, loin de là. C'est aussi la raison pour laquelle ces centrales ne sont "propres" qu'en apparence et que les emplois qui y seront créés n'auront de "pérenne" que le nom ! Il serait plus que temps d'arrêter de diffuser les vilaines fables des industriels et autres hommes politique qui ont un compte en banque à la place du cerveau et de faire émerger un discours, une pensée, des projets qui s'établissent à partir de la réalité de notre écosystème et d'un petit peu de Conscience. On en attends pas moins des universitaires !