Cinq semaines en Guyane, immersion dans l'urgence

28 mai 2018

Trois infirmières de l'IFSI d'Agen vont effectuer un stage professionnel à l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni en Guyane. Pour payer les frais de leur séjour, elles font appel au financement participatif.

Perrine, Vanessa, Céline : trois jeunes femmes trentenaires en reconversion, pour diverses raisons personnelles mais animées d'une volonté commune: être utiles en apportant une aide parfois, souvent, vitale. Elles sont issues d'horizons différents, la banque, le soin, la sécurité…. Elles se sont lancé un sacré défi: devenir infirmières. Elles ont réussi le concours d'entrée et suivent actuellement leur reconversion professionnelle à l'institut de formation en soins infirmiers à Agen. Dans le cadre de leur parcours, elles doivent effectuer plusieurs stages. Pour l'un d'eux, elles ont choisi l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni, en Guyane. Perrine Fontenelle explique : «Je voulais changer de métier, mais que faire ? Pendant huit années, j'ai cherché. Lors d'un trek au Népal, je me suis blessée. Dans le groupe, se trouvait une infirmière qui m'a soignée et tout au long du parcours, je l'ai vue aider les participants, les populations. Pouvoir exercer son métier au service des autres dans le monde entier, voilà ce qui m'a plu.» Tout naturellement, un stage sous d'autres latitudes est apparu comme une évidence.

Milieu tropical, trafics en tout genre

«L'école d'infirmiers de Villeneuve travaille déjà avec l'hôpital de Saint-Laurent du Marioni. Celle d'Agen aimerait instaurer des échanges réguliers. C'est un territoire pauvre, un désert médical. Les conditions y sont très spéciales. Il y a beaucoup de violence, de plaies à l'arme blanche, de mortalité infantile. Le milieu tropical implique des maladies infectieuses différentes d'ici. Des conditions de soins aussi ! Les méthodes sont différentes, les cultures variées, les médecines locales à base de plantes sont utilisées par la population. Des tas de choses super-intéressantes à découvrir ! » Le stage durera cinq semaines. En immersion totale dans ce climat particulier d'une ville frontière avec le Surinam, séparée par le fleuve, aux portes de la forêt amazonienne, avec de l'orpaillage clandestin et des trafics en tout genre.

Appel à participation

Perrine sera aux urgences. Tant qu'à faire ! Ici, en métropole, elle a déjà «séjourné» en gériatrie, en maternité. Elle a programmé la psychiatrie. «Je ne sais pas encore dans quel service j'aimerais travailler. Je les teste tous !»

En février prochain, ce sera donc la Guyane. Une rémunération de stagiaire permettra de parer au plus pressé, mais les frais sont élevés. «Le logement doit être sécurisé. La nourriture est chère. Le billet d'avion pas donné. Il nous faudra louer une voiture, faire les vaccins… Nous avons calculé un budget total de 8 000 euros pour nous trois pendant cinq semaines. Nous ne les avons pas…» Les trois infirmières sont à la recherche de partenaires publics et privés, et il leur est venu l'idée de lancer un financement participatif auprès du grand public : 2 €, 5 €, 10 €, 50 €… à votre bon cœur .

> Pour en savoir plus et suivre l'aventure des trois infirmières, rendez-vous sur leur page Facebook : stage infirmier en Guyane, l'aventure. Il s'y trouve le lien pour participer via le site Cagnotte.me

Source : La Depêche.fr

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article