Budget des Outre-mer : « un manque de vision et d’ambition » ; « cure d’austérité »… Déception des élus ultramarins.

14 novembre 2017

Jeudi dernier, l’Assemblée Nationale votait le budget de la mission Outre-mer intégré au projet de loi de Finances pour 2018 par 91 voix contre 39. Si la plupart des députés ultramarins ont voté « contre » (le guyanais Lénaïck Adam a lui voté « pour ») ce budget annoncé par la ministre Annick Girardin comme étant « en hausse de 4,4% » par rapport à 2017, c’est l’arrivée soudaine des députés LREM en cours de séance qui a permis l’adoption du texte.

Ce budget « de sincérité, de justice et d’audace » selon Mme Girardin devrait permettre « de mettre en place une politique publique cohérente et efficace. » Un avis que ne partagent pas les élus ultramarins qui ont rapidement critiqué le projet de loi. « Un rendez-vous manqué », « une fausse joie », « une augmentation artificielle. » Les qualificatifs n’étaient pas glorieux à l’égard de ce « premier signal qu’on aurait pu rêver plus grand. »

Les députés (majoritairement de gauche) ont mis en avant la baisse des financements de Ladom (mobilité), une politique du logement mise à mal (baisse de la LBU de plus de 8%), les coupes dans le plan séisme, l’absence de signes positifs donnés pour l’application de la loi sur l’Egalité-Réelle ou encore l’avenir incertain du CICE (qui devrait disparaître en 2019)… Ils ont néanmoins obtenu le maintien du fonds vert de 25 millions en faveur des territoires du Pacifique, qui avait été simplement disparu du projet de loi.

« Débattre, c’est bien, mais envoyer dès le Budget 2018 des signaux positifs pour les économies ultramarines, c’est mieux. » C’est ce qu’a estimé de son côté la Fédération des Entreprises d’Outre-mer (Fedom) alors que le gouvernement fait visiblement tout son possible pour conditionner ses « ambitions » aux résultats des Assises de l’Outre-mer… et donc les intégrer dans le projet de loi de finances de… 2019 !

Sur ces 2,02 milliards d’euros, on notera néanmoins quelques avancées significatives, notamment en matière de rattrapage infrastructurel : 152 M€ sont engagés au travers des contrats de plan signés entre l’Etat et les collectivités pour la construction de routes, quais, réseaux d’eau potable, etc. Une hausse de 12% par rapport aux budgets précédents.

Le texte va désormais être examiné par le Sénat avant de revenir à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année.

Source : Le Kotidien

 

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