Violences en Haïti : le gouvernement fait marche arrière sur la hausse des produits pétroliers

08 juillet 2018

L’annonce de la forte augmentation des prix des carburants avait déclenché colère et violences à Port-au-Prince, capitale de l’île.

Le gouvernement haïtien est revenu samedi sur sa décision d’augmenter les produits pétroliers. Cette mesure, très impopulaire, avait provoqué la colère du peuple haïtien et déclenché des violences faisant au moins un mort.

C’est dans un communiqué sur Twitter que le Premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, a annoncé l’abandon de cette mesure, tout en condamnant les violences qu’elle avait suscitées : « Le Gouvernement condamne vigoureusement les actes de violences et de vandalismes perpétrés suite à l’annonce de l’ajustement des prix des produits pétroliers. Rappelant que violences et démocratie sont foncièrement incompatibles, le Gouvernement annonce la suspension de la mesure d’ajustement des prix pétroliers jusqu’à nouvel ordre. »

Auparavant, le président de la chambre des députés Gary Bodeau avait lancé un ultimatum de deux heures au gouvernement pour qu’il revienne sur cette hausse, sans quoi il serait considéré comme « démissionnaire ».

Avant même cette mesure controversée, Jack Guy Lafontant, nommé en mai 2017, était déjà très critiqué pour son inaction. Les députés, dont la majorité est acquise au Président Jovenel Moïse, avaient commencé la semaine dernière un débat pour statuer sur son avenir. Le recul du gouvernement, après moins de 24 heures, pourrait mettre un terme à son mandat et entraîner sa chute.

Des vols internationaux annulés

Depuis vendredi en fin de journée, la capitale est paralysée par des violences. De nombreux commerces ont été pillés et incendiés. Des véhicules ont également été brûlés. Un policier assigné à la sécurité d’un dirigeant d’un parti politique d’opposition a été tué dans une altercation avec un groupe de manifestants. Il a été lynché et son corps a ensuite été brûlé.

Alors que la présence policière est quasi inexistante à Port-au-Prince, la plupart des axes majeurs étaient toujours bloqués samedi par des barricades, empêchant de nombreux habitants de rentrer chez eux. Des tirs sporadiques étaient entendus dans certains quartiers. Plusieurs vols internationaux à destination de la capitale haïtienne dans la matinée ont été annulés.

Samedi matin, le Premier ministre avait appelé samedi matin la population à la « patience ». « Notre administration a une vision, un programme clair », avait-il assuré dans une allocution télévisée.

L’augmentation des prix de l’essence (38 %), du diesel (47 %) et du kérosène (51 %) aurait dû entrer en vigueur samedi à minuit, dans le cadre d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur la cessation de la subvention publique sur les produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l’État.

Source : AFP, le Parisien

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